Bernis - Les Figuiérasses III 
Début juillet, OAM a mis en œuvre la fouille préventive de 2 hectares sur la commune de Bernis (Gard). Le décapage préliminaire a duré 6 semaines et la fouille s'est achevée le 13 novembre dernier et a employé en moyenne 12 personnes. Les faits les plus anciens sont des fosses datant depuis le Néolithique/ Age du Bronze jusqu'à l'âge du Fer, visibles dans la partie ouest du site. Ces fosses ont des fonctions très variées : puits, sépultures et/ou même possibles silos.  Une des sépultures est un exemple intéressant d'inhumation dans une fosse à cavité latérale. Dans un puits principal, une des parois est surcreusée pour recevoir le corps du défunt. La bouche de cette cavité est ensuite fermée par de grosses dalles. 
Dès l'époque romaine, une voie NNO-SSE fut installée et utilisée jusqu'au moins la fin du XIXe siècle (une pièce datée du Second Empire y a été retrouvée). Son tracé correspondait à celui du chemin agricole encore visible en début de fouille. Cette entité a concrètement scindé la fouille en deux zones implantées à l'ouest et à l'est de cet axe. Dans la zone ouest, le premier élément datant de l'époque romaine que nous avons identifié est un système de larges collecteurs d'eau. Ces structures enterrées sont des conduits construits avec soin (deux murs avec des parements internes très nets et couverts de larges dalles). Il semble qu'ils servaient à drainer un large espace parallélépipédique en évacuant l'eau en direction de la voie (qui étant un chemin en creux servait aussi à drainer le paysage). Dans cet espace, mais plus tardivement un établissement romain a été installé. Cette ferme a une emprise au sol d'environ 2500 m². Elle n'a été conservée qu'au niveau des fondations des murs et la plupart des sols ont disparu, à l'exception notable d'une grande cour centrale surcreusée dont le sol était fait de grosses pierres de calcaire local recouvert de gravier. Autour de cette cour ont été retrouvés des éléments semblant indiquer que le bâtiment avait quatre ailes. Qu'il ait servi de carrière ou ait été réaménagé (probablement les deux), ses murs ont été très souvent épierrés. Cela a compliqué la lecture en détail de l'architecture, la plupart des relations entre les différents murs ayant disparu. Sa fonction est liée, en partie, à la fabrication du vin. Le fond d'une cuve en mortier a pu être fouillé. A l'est de la voie, 410 fosses ont été mises au jour. Leur répartition se fait principalement le long de la voie et leur densité se réduit en s'éloignant de cet axe. Trois concentrations ou pôles sont lisibles et se répartissent du sud au nord.Les premiers indices de datation semblent suggérer que l'ensemble reconnu au sud ait été mis en œuvre au Haut Moyen Âge ; que celui central se soit progressivement constitué entre l'Antiquité tardive et le XIe siècle tandis que le dernier ne recèlerait aucune structure antérieure au Xe siècle. Des groupes et/ou des alignements forts s'individualisaient au sein de ces pôles tendant à suggérer une répartition en limite de parcelles agraires. Cette répartition spatiale est par ailleurs soulignée par quelques fossés bordiers. Enfin, plusieurs puits ont été reconnus, associés à chacune des concentrations de fosses identifiées. De nombreux prélèvement paléo-environnementaux ont été réalisés afin de préciser les types de cultures entreprises sur ce territoire sur presque 8 siècles. En fin de chantier, une centaine de fosses de la zone ouest a été également étudiée, notamment celles se distinguant des ensembles orientaux, afin de vérifier les résultats obtenus jusqu'alors.  |